Archaea

Dimanche 7 décembre 2008
Entretien complè : ici

Quels changements concrets appelez-vous de vos vœux ?


Les règles d'une orthographe réformée doivent être très simples. Par exemple : supprimer les doubles consonnes inutiles pour la prononciation. Ne pas toucher à "acceptable" ou à "laisser", évidemment, mais enlever un "l" à "collège", un "f" à "difficile" ou un "n" à "innocent". Cette réforme nous rapprocherait de l'Europe. Dans les langues romanes voisines, espagnol, italien, portugais, roumain, ce doublement n'a jamais existé, ou a été supprimé. "Appeler" s'écrit apelar en espagnol. Pourquoi ne pas l'écrire "apeler" ? Cela concerne des montagnes de mots qui occasionnent énormément de fautes. Les études comparatives des copies du XIXe et de la fin du XXe siècle montrent une tendance à faire compliqué quand il faut faire simple, à redoubler les consonnes là où il n'en faut qu'une. Autre règle très simple : supprimer les lettres grecques, en abandonnant tout souci de l'étymologie. Quand la prononciation le permet, il faut supprimer les "y" (ceux qui ne correspondent pas à un double "i"), supprimer les "h" après les "t" ou les "r", remplacer "ph" par "f". On écrirait une "ipotèse" (ipotesi en italien), une "bibliotèque" (biblioteca en espagnol, italien, portugais, roumain), une "biciclette", une "cronique", un "daufin"… Encore une règle simple : que tous les noms et adjectifs prennent un "s" au pluriel (même "des animaus"), à l'exception des mots qui sont déjà terminés en "s", "x" ou "z", comme "mois", "paix" ou "nez". Le pluriel des noms a déjà été régularisé à deux reprises : on écrivait "une difficulté, des difficultez" jusqu'en 1735, "un enfant, des enfans" jusqu'en 1835. Dans ces deux cas, la simplification a consisté à généraliser la règle : pour le pluriel, on prend le singulier et on rajoute un "s". Si l'on poursuit dans la même voie sans toucher à la prononciation, il n'y aura plus que deux règles de pluriel : celle des noms et adjectifs, et celle des verbes. Une fois que l'élève les aura mémorisées, il commettra moins de confusions par ailleurs. L'impact de la réforme ne s'arrête pas aux seuls mots touchés. C'est toute la relation à la langue qui s'en trouve confortée : il n'y a plus ce sentiment d'insécurité face à une orthographe difficile, voire imprévisible.


Mais écrire "des animaus" et "filosofie", n'est-ce pas une violence faite à tous ceux qui aiment la langue française ? L'orthographe ne doit-elle pas demeurer porteuse d'histoire, de culture ?

Les réformes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ont supprimé des quantités de legs de l'histoire. Ce n'est pas en figeant l'orthographe qu'on maintient la tradition. Au contraire, elle doit continuer d'évoluer pour rester dans le droit fil de son histoire. On est à l'heure du choix. On ne peut pas accepter la fracture orthographique de la société et laisser un nombre croissant de jeunes Français en situation d'infériorité ou d'échec face à l'écriture de la langue nationale. Il faut que tous les jeunes, dans l'avenir, maîtrisent une orthographe simplifiée. Qu'elle ne devienne pas l'apanage d'une classe cultivée. Une orthographe de caste. Car la contrepartie de la réforme, c'est bien le retour à un enseignement rigoureux de l'orthographe. Il faut réformer pour pouvoir enseigner.


Entretien complè : ici
Par ASP385 - Publié dans : info du jour
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Samedi 6 décembre 2008

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Jeudi 2 octobre 2008
Par ASP385
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Jeudi 8 mai 2008
Réhabiliter la valeur travail... Voilà un des trucs qui restera de la campagne du président actuel de nous.

Mais depuis kan le travail est une valeur ? La liberté, l'égalité, la solidarité, etc, sont des valeurs, mais le travail ? Il me semblait que c'eut été une activité.

    En plaçant le travail au rang de valeur on en fait de l'abstrait. On lui ôte son aspect concret : des individus, comme vous et moi, qui se pètent les reins à la tache, qui répondent à des centaines de coup de fil par jour, qui se la coule douche (pas forcément les fonctionnaires), qui ont 14 ans et sont exploités pour 300 euros pas mois, etc. 
    Quelle igniominie que de spolier tout les travailleurs (du privé comme du public) du contenu de leurs activités en en faisant une valeur. Comme s'il pouvait y en avoir une définition unique et globale du travail, comme si travailler pouvait correspondre à la même chose pour un médecin urgentiste, un éducateur de rue et un prof de plongée ?

    La valeur se veut être universelle : stigmatisons donc un peu plus ceux qui font le choix de ne pas travailler et vivent autrement (je ne parle pas ceux qui font le choix de vivre des allocs, bien que ces derniers soient peu nombreux). Quoique cette stigmatisation nécessite de définir le travail : est ce que c'est forcément avoir une activité salarié ? Les parents au foyer ne travaillent-ils pas ? Si un animateur vous dit qu'il part en "colo" pendant les vacances, combien considèrons qu'il part bosser ? Les intermittants sont ils des travailleurs pour la majorité d'entre nous ? et les fonctionnaires ? Et faire son potager le dimanche, bosser dans son habitation pour rénover une piaule ou refaire un chiotte, ça n'est pas bosser ? Faire ses comptes pour savoir s'il y aura de la viande dans le frigo jusqu'au 30, ça n'est pas du travail : gestion, anticipation, plannification ?
Réhabiliter le travail, si l'on convient que ça n'est pas une valeur, ca vaut pour qui en définitive ? Qui a l'impression de ne pas bosser dans ce pays ? Et qui croit que son voisin est un branleur fini ?

En fait la seule question qui se cache la dessous c'est : Pourquoi toujours croire que les autres ne sont pas aussi bons que nous ? pourquoi toujours estimer que ce que l'on fait est mieux que ce que fait l'autre ? Pourquoi toujours avoir le besoin de se comparer et si possible de marcher sur la tronche du voisin (pour plus/mieux exister ?)?

L'égalité et la fraternité. C'eut été des valeurs, qu'il serait temps de réhabilité.
   
Par ASP385 - Publié dans : philozo-tic
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Mercredi 23 avril 2008
La question qui me taraude en ce jour est :

-Devient-on citoyen parce que la coercition étatique, mise en place par l'appareil législatif notamment, nous oblige à suivre les règles ?
-Ou devient-on citoyen parce qu'on intègre un système de valeurs et de normes au contact de nos concitoyens et du système, système qui nous semble être bénéfique pour nous et la majorité de nos semblables ?

    La première de ces deux questions trouvera sans doute une réponse positive dans la bouche des libéraux les plus aguéris. Ceux-là même qui ne voit en l'Etat qu'une structure vouée à mettre en place un système coercitif suffisant au maintient du libre échange... Tout un paradoxe entre restriction des libertés individuelles de la majorité possédée - par le système autant que par ceux qui le gère (il s'agit bien ici de gestion et non de gouvernance) - et augmentation des libertés individuelles pour la minorité possédante.
Pour eux donc la citoyenneté sera surement le simple fait de se conformer à la norme. Norme qui pourrait, tant qu'à faire, les amener à réaliser un profit suivant une courbe exponentielle. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette vision du citoyen : recepteur plus qu'acteur, pour qui les choix reposent sur : être comme ou disparaitre. Une citoyenneté qui fait de nous de joyeux imbéciles, inconscient de leur statut et de leur individualité auto-decisionnaire. Un citoyenneté à la "le meilleur des mondes" ou "1984" : les pensants ne seront pas, sauf s'ils apparitiennent à l'establishement.

    C'est donc une réponse positive à la seconde question vers laquelle vont se pencher humanistes, républicains à la française et révolutionnaires qui militent pour un peuple pour le peuple et par le peuple. Une citoyenneté reposant sur l'engagement aussi bien reflexif que physique. "L'intégration volontaire de chacun à une communauté qui se développe le plus harmonieusement possible" comme leitmotiv de la relation social et de la gestion du pouvoir. Des citoyens dirigeants qui ne fasse du pouvoir leur métier, des citoyens populace qui ne fassent pas de leur statut de travailleur 35h une clause de légitimation de l'inactivisme et du ralage permanent. Partiper contre laisser faire et râler. Intégrer les normes de soi-même, sans force extérieure, et par le partage : c'est s'assurer plus de reconnaissance de la majorité envers le groupe et ceux qui le compose : plus de solidarité... la liberté et l'égalité n'étant jamais très loin. Encore faut il que cette première se mette en place.


Faites votre choix, c'est vers la seconde que je me penche.



Reflexion née de la lecture d'articles sur l'augmentation de la répression policière en France, de l'augmentation du nombre de lois, cadrant de plus en plus les libertés individuelles, de l'augmentation des systèmes de coercition en tous genres : boite à bruit anti-jeune, video surveillance, navigo, puce de portable... etc etc
Par ASP385 - Publié dans : philozo-tic
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