Réhabiliter la valeur travail... Voilà un des trucs qui restera de la campagne du président actuel de nous.

Mais depuis kan le travail est une valeur ? La liberté, l'égalité, la solidarité, etc, sont des valeurs, mais le travail ? Il me semblait que c'eut été une activité.

    En plaçant le travail au rang de valeur on en fait de l'abstrait. On lui ôte son aspect concret : des individus, comme vous et moi, qui se pètent les reins à la tache, qui répondent à des centaines de coup de fil par jour, qui se la coule douche (pas forcément les fonctionnaires), qui ont 14 ans et sont exploités pour 300 euros pas mois, etc. 
    Quelle igniominie que de spolier tout les travailleurs (du privé comme du public) du contenu de leurs activités en en faisant une valeur. Comme s'il pouvait y en avoir une définition unique et globale du travail, comme si travailler pouvait correspondre à la même chose pour un médecin urgentiste, un éducateur de rue et un prof de plongée ?

    La valeur se veut être universelle : stigmatisons donc un peu plus ceux qui font le choix de ne pas travailler et vivent autrement (je ne parle pas ceux qui font le choix de vivre des allocs, bien que ces derniers soient peu nombreux). Quoique cette stigmatisation nécessite de définir le travail : est ce que c'est forcément avoir une activité salarié ? Les parents au foyer ne travaillent-ils pas ? Si un animateur vous dit qu'il part en "colo" pendant les vacances, combien considèrons qu'il part bosser ? Les intermittants sont ils des travailleurs pour la majorité d'entre nous ? et les fonctionnaires ? Et faire son potager le dimanche, bosser dans son habitation pour rénover une piaule ou refaire un chiotte, ça n'est pas bosser ? Faire ses comptes pour savoir s'il y aura de la viande dans le frigo jusqu'au 30, ça n'est pas du travail : gestion, anticipation, plannification ?
Réhabiliter le travail, si l'on convient que ça n'est pas une valeur, ca vaut pour qui en définitive ? Qui a l'impression de ne pas bosser dans ce pays ? Et qui croit que son voisin est un branleur fini ?

En fait la seule question qui se cache la dessous c'est : Pourquoi toujours croire que les autres ne sont pas aussi bons que nous ? pourquoi toujours estimer que ce que l'on fait est mieux que ce que fait l'autre ? Pourquoi toujours avoir le besoin de se comparer et si possible de marcher sur la tronche du voisin (pour plus/mieux exister ?)?

L'égalité et la fraternité. C'eut été des valeurs, qu'il serait temps de réhabilité.
   
Par ASP385 - Publié dans : philozo-tic
Jeudi 8 mai 2008
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