Non pas travail, mais Travail ! (réécriture 19/06/2010)

Publié le par ASP385

Réhabiliter la valeur travail... Voilà un des trucs qui restera de la campagne du chef actuel de nous.

Mais depuis kan le travail est une valeur ? La liberté, l'égalité, la solidarité, etc, sont des valeurs, mais le travail ? Il me semblait que c'eut été une activité.

    En plaçant le travail au rang de valeur on en fait de l'abstrait. On lui ôte son aspect concret : des individus, comme vous et moi, qui se pètent les reins à la tache, qui répondent à des centaines de coup de fil par jour, qui se la coule douce (pas forcément les fonctionnaires), qui ont 14 ans et sont exploités pour 300 euros pas mois, etc. 
    Définir une valeur travail c'est vider de son contenu le travail des salariés. La valeur a vocation à être universelle, trans-classe, trans-CSP, trans-générationnelle, etc. Cette universalité définit de fait une vision commune, un vécu commun. Et c'est là que le bas blesse. Se peut-il qu'il y ait un vécu commun dans le travail, un ressenti commun.
Certains aiment leur travail et y passent plus que la durée annoncée sur leur contrat, d'autres le détestent mais font aussi plus que de raison, d'autre apprécie un emploi du temps parfaitement timer, d'autres encore y voit un moyen de gagner de l'argent pour faire vivre sa famille, d'autres toujours feront le minimum pour passer un maximum de temps avec leurs proches, etc. La représentation et le rapport au travail ne sont pas universels, loin de là. Imaginer donc que le travail puisse être une valeur est une abération.
Le travail s'est le fait de produire avec son corp ou son esprit, c'est une action. Cette action est propre à chacun des métiers qui existent : charpentier, éducateur sportif, chercheur, flic, etc.
La question que nous devons nous poser, c'est pourquoi vouloir en faire une valeur. En faire quelque chose d'universel, c'est dire au peuple : vous êtes tous pareils, tous dans le même bateau... mais chacun s'est que nous sommes inégaux face aux travails, notamment face aux conditions de travail.
C'est aussi faire croire que le travail est universel, que tous nous devons participer à un effort collectif salutaire pour la survie de notre système. Si le maintien de notre mode de vie passe par un effort collectif, le travail n'est pas le seul et l'unique moyen d'y arriver : la solidarité, la fraternité, l'écologie sont aussi des moyens d'y parvenir.
Enfin faire du travail une valeur, c'est stigmatiser tout ceux qui ne travaillent pas (par choix ou par contrainte)... c'est faire de ces hommes et femmes des personnes exclues de l'universalité de la valeur, exclues de notre société. Il s'agit avec cette construction de valeur de culpabiliser et de stigmatiser des populations qui veulent vivre autrement, des populations qui s'évertuent à survivre : handicapés, personnes agées, pauvres (souvent non blancs... peut y a-t-il une volonté une fois de plus de stigmatiser ceux que l'ont dit "issus de l'imigration").
En somme le travail ne peut pas être élevé au rang de valeur dans la mesure où ce qui le fonde n'est pas partagé par tous, n'est pas pareil pour tous. Laissons le travail à son rang : celui d'activité nécessaire à la survie du groupe et de chacun de ses membres

A celui qui me dira que le travail, c'est l'effort, l'abnégation et l'envie de se dépasser, je lui répondrais que c'est peut être vrai pour certain salarié, mais pas pour tous. Et que ces valeurs ne sont pas partager par tous, et en plus qu'elles sont présentes dans d'autres activités : tel que le sport ou l'art. Et de fait ce sont des valeurs associées à une activité, le travail n'est donc toujours pas une valeur...

Publié dans sarkoz-tic

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