La liberté (1)

Publié le par ASP385

Avons-nous de la liberté ? Avant de se poser la question de sa possession et conséquemment de son utilisation, il faut se poser la question de son utilité.

 

On en parle comme si elle était naturelle, légitime et systématiquement associée à la vie humaine. Il faut remettre cela à plat. La liberté est un choix politique qui repose sur une vision de ce qu’aspire à devenir l’humanité. Je ne postule donc pas que la liberté est intrinsèque à la nature humaine, je postule en revanche qu’un système politique stable et juste ne peut avoir comme pilier central que la liberté. La liberté n’est pas obligatoire à la vie, elle est obligatoire à la paix, voilà en quoi elle est utile.

 

Il faut définir ce qu’est la liberté pour être sûr que les vocables aient la même signification pour tous. La liberté est la possibilité de faire ce que l’on veut, sans y avoir été autorisé ou contraint (par la force, par la manipulation ou par la ruse), dans le cadre d’un principe de base : si ma liberté contraint celle d’un autre alors je l’utilise d’une façon non légitime. (La liberté n’existe et ne supporte donc qu’une seule règle ).

Si la contrainte est reconnue comme antinomique à la liberté, et qu’il en va de même pour la manipulation (même si dans la réalité, elle est plus dure à percevoir que la contrainte), c’est le cadre de l’autorisation qu’il est plus dure d’entendre pour certain de nos concitoyens.

 « Etre autorisé à » ne permet pas d’exprimer une liberté, cela ne rend pas libre, cela permet d’utiliser un droit que l’on nous accorde. La différence est qu’un droit est donné par quelqu’un ou quelque chose (une administration, une institution) alors qu’une liberté est auto-administré : je suis le seul dépositaire de ma liberté. La liberté relève de « la responsabilité de l’homme qui ne peut s’en remettre ni à un pouvoir ni à un dieu. [Parce qu’] au contraire, il faut s’engager au nom de sa responsabilité de personne humaine », en tant qu’individu, pour faire valoir cette liberté. La liberté n’est pas donnée, elle est prise. Ce qui est donné, offert ce sont des droits.

 

La seule contrainte que pose le droit pour le citoyen s’est de l’utiliser ou non. C’est facile. La prise de décision ne peut pas avoir de conséquence néfaste pourvu que vous respectiez le cadre du droit : respecter le droit en toute circonstance c’est s’assurer de toujours avoir pour soi la vie tranquille, heureuse. C’est une décision individuelle qui se prend au regard d’un cadre posé par une institution, dont est absente toute personnalité humaine.

La manipulation de la liberté est plus complexe : elle demande de prendre en compte les autres (puisqu’elle les intègre dans sa définition). Elle nécessite de s’intégrer dans un collectif, dans des dynamiques qui vont au-delà de notre êtres. Son utilisation est moins simple parce qu’elle engendre une responsabilité. Et sa manipulation, si elle ne vous ouvre pas forcément une vie que fait de bonheur, vous donne la possibilité d’avoir une vie qui a du sens.

Publié dans poli-tic

Commenter cet article