De la négation de l'individu citoyen dans la construction de l'individu fonctionnaire. (MAJ 23/06/2010)

Publié le par archaea

Cette réflexion est née de la question :

Un policier, un(e) enseignant(e), etc, sont-ils des pères ou des mères de familles quant ils sont dans l'exercice de leur fonction ou sont ils une entité de la fonction publique?

 

Pour moi la réponse est claire :

Un fonctionnaire est une entité de la fonction publique.

 

 

Mais partons du principe qu'ils sont aussi des individus citoyens, si l'on observe deux cas de figures simplistes pour comprendre les enjeux attrayants à ce point de vue:

 

Quand tout va bien

En se définissant comme individus au sein de la fonction publique, et en étant accepté comme tel par la société, on laisse à chaque individu la potentialité d'agir à sa guise avec les pouvoirs que lui offre sa fonction. On observe alors des bavures policières, des enseigants demandants aux élèves de faire plus alors qu'il n'en est pas question pour eux, des politiques qui détournent de l'argent pour s'enrichir, etc... Le problème est que définir le fonctionnaire autour de son indivualité lui autorise à utiliser ses prérogatives d'agent d'état pour satisfaire son individualité, dès lors le rôle de fonctionnaire n'est plus définit par l'état mais par l'individu. Il en résulte que ces fonctions d'état ne sont plus reconnues par ceux qui devraient pouvoir compter dessus : les autres citoyens. Et à ces autres citoyens de dire que des politiques "tous pourris", des profs "tous faignants", des fonctionnaires "tous privilégiés", etc.

Donc il faut que la personnalité de fonctionnaire se construise autour de sa fonction et non autour de l'individualité et que cette dernière ne soit qu'un moyen régulateur des actions liées à cette fontion.

En somme être fonctionnaire, c'est accepter de devenir une entité de la fonction publique, fonction sacerdotale s'il en est, et non pas un citoyen privilégié.

 

Quand tout va mal

En se définissant comme entité au sein de la fonction publique, on peut par exemple reconnaître l'agression d'une personne comme une attaque sur agent de la fonction publique. Mais on entend alors dans les médias, que tel ou tel fonctionnaire est aussi père de famille, que tel soldat est frêre ou soeur. Je suis désolé pour eux mais il n'en est rien, si en dehors de leur fonction ils sont ce que leur individualité fait qu'ils sont, dans leur fonction ils ne sont plus rien de tous cela. Il ne faut pas mélanger ces deux vies de l'individu. Ca n'est pas aux pères familles que l'on donne les flash-ball ou des tasers pour arrêter les citoyens, mais bien aux agents des force de l'ordre (ou gardien de la paix, c'est selon) ; ce n'est pas aux fils et fille que l'on donne le droit d'orienter un élève dans telle section contre son gré mais bien à l'enseignant; et ce n'est pas au frêre ou la soeur que l'on donne un famas pour parader gare saint lazare pour protéger les citoyens des méchants terroristes poseurs de bombes mais bien au soldat !

Il faut que les fonctionnaires acceptent de mettre de coté (et non de perdre) une partie de leur individualité pour remplir de façon correcte leurs missions.

 

 

Il est hors de question de faire ici le procès des fonctionnaires en poste mais bien de tenter d'exprimer un point de vue sur la reconnaissance que moi, citoyen, en ai. La seule logique pour un bon fonctionnaire est que :

 

La personnalité du fonctionnaire se construit autour de la fonction et non autour de l'individualité, mais cette dernière doit être un moyen régulateur des actions liés à la fontion.


Cela serait pour moi une manière de faire reconaitre de nouveau l'importance des services publiques dans notre modèle sociale, de remettre à leur place les fonctionnaires, non comme citoyens privilégiés, mais comme individus ayant pour vocation de servir sans distinction le peuple.

 

 

 

 

Pour une augmentation des budgets de la fonction publique

et un renouveau dans la façon de voir le travail pour ses agents...


Publié dans poli-tic

Commenter cet article

le passant 11/11/2006 18:04

Assez contestable comme point de vue. Fonctionnaire est un statut, pas un métier. Enseignant est un métier, commissaire de police est un métier, infirmière est un métier. Quelque soit le métier, il tient d'une délégation. On est médecin ou garagiste par délégation et on a des comptes à rendre, comme l'enseignant ou le commissaire de police le sont par délégation et ont des comptes à rendre. Dans tous les métiers il y a un cahier des charges à respecter.  Les métiers liés à la fonction publique le sont, parce que plus sensibles. Le cahier des charges est plus important et l'employeur est l'Etat ou une collectivité territoriale.Mais quel que soit le métier, on ne peut faire l'impasse sur son appropriation par le professionnel. C'est le fondement de l'humanité et c'est ce qui nous distingue de l'animal ; le fait que nous nous approprions notre participation à la société.Je me permet de vous renvoyer à une note que j'ai écrite à ce sujet  Le boulanger, la boulangère et le petit mitron

archaea 11/11/2006 19:37

"on ne peut pas faire l'impasse sur son appropriation par le professionnel"... Il me semble que nous soyons d'accord sur ce point.Pour clarifier mon point de vue : pour moi un fonctionnaire, qui est un statut en effet qui se décline en proffession et en métier en fonction d'une catégorie(A B C D), se doit de se construire avant tout autour du cahier des charges relatif à sa profession ou son métier et non autour de son individualité citoyenne. Cette individualité citoyenne ne doit être que le régulateur de l'action, par ce biais là "nous nous approprions notre participation à la société", pour reprendre tes termes...Je sais si c plus clair... mais bon!